Historique

Réalisation attendue depuis cinquante ans, la capitale jurassienne dispose d’une patinoire

couverte depuis l’automne 2011. Les patineurs et hockeyeurs sont comblés.

La discussion pour construire une patinoire couverte à Delémont a duré une cinquantaine d’années.

Après deux tentatives infructueuses, dans les années soixante et quatre-vingt, la troisième aboutit à

la réalisation d’une infrastructure en plein air qui est mise en service en 1993. En raison de moyens

financiers limités, les vestiaires, la buvette et les sanitaires étaient constitués d’éléments récupérés.

Ces installations précaires ont été exploitées, sans financement public, durant une quinzaine d’années.

En 2007, la patinoire régionale de Delémont s’est retrouvée dans une situation proche du dépôt de

bilan. A défaut d’investissement, au niveau de la couverture et des structures d’accueil, la fermeture

de la patinoire devenait inexorable. A 440 m d’altitude, en plus d’être très limitée, l’exploitation

d’une surface de glace non couverte est tributaire des conditions climatiques, ce qui engendre des

coûts de maintenance et d’énergie élevés. Durant l’été 2007, une nouvelle équipe de bénévoles réussit

à sauver in extremis la patinoire en invoquant la clause du besoin. La région comptant en effet de

nombreux adeptes des sports de glace, l’utilité d’un tel équipement est avérée. Un projet de couverture

et d’aménagement de nouveaux vestiaires est donc élaboré en vue de pérenniser la pratique des sports

de glace à Delémont. Grâce à l’engagement financier des collectivités publiques (Ville de Delémont,

communes du district de Delémont, Canton du Jura, donateurs), le financement de 4 millions de

francs est trouvé. La nouvelle patinoire a ouvert ses portes le 22 octobre 2011 et a été officiellement

inaugurée le 28 janvier 2012.

Elégance et robustesse

La charpente avec ses 12 fermes triangulées en bois lamellé collé d’épicéa coiffe élégamment le site

dédié à la pratique des sports sur glace. D’une portée de 50 m et d’un poids de 13 t, les fermes sont

constituées de deux demi-fermes assemblées par un joint de montage à mi-travée. Les poteaux en

mélèze supportant la charpente prennent appui sur des semelles de fondations en béton armé qui, elles-
mêmes, reposent sur des micropieux. C’est la nature du terrain de fondation qui a imposé le système

de fondation sur micropieux. En effet, la totalité de la structure se situe sur des remblais mis en place

il y a quelques décennies dans l'ancien lit de la Sorne. Ces matériaux n'ont pas fait l'objet, lors de leur

mise en place, du compactage nécessaire pour assurer une bonne portance.

Les risques de secousses telluriques ont également été pris en compte: l’ensemble de la structure

porteuse a fait l'objet d'un calcul sismique requis par les normes SIA en vigueur actuellement.

Des contreventements en bois robustes ont été disposés sur les quatre façades de la structure. Ces

contreventements permettent de ramener, jusqu'aux fondations, l'importante charge horizontale

sismique de 140 tonnes qui agit au niveau de la toiture. Les fondations en béton sollicitées par les

charges sismiques ont été renforcées par des micropieux inclinés à 40 degrés – par rapport à la

verticale – afin de transmettre les importants efforts horizontaux dans le sol.

La toiture d’une superficie de 3500 m2

d’une étanchéité et d’une couche de gravier. La pose éventuelle de panneaux photovoltaïques en

toiture a été prise en compte dans le dimensionnement de la charpente. En façades, des planches en

bois de sapin, autoclavées et peintes en rouge ainsi que des panneaux translucides opales ferment

complètement les faces ouest et sud ainsi qu’une partie de la face est. L’autre partie de cette face et

celle située au nord restent ouvertes.

Fonctionnalité et qualité

Quant aux deux corps de bâtiments abritant les nouvelles structures d’accueil, leur fonctionnalité et

la qualité de leurs équipements prévalent. Les vestiaires et les wc du public, la buvette et la cuisine

se trouvent dans le bâtiment d’un niveau construit sur le côté est. Le bâtiment érigé sur le côté sud

comprend, lui, trois niveaux. Au rez-de-chaussée, il y a les vestiaires, les douches et wc des clubs de

hockey, le vestiaire des arbitres et l’infirmerie. Aux étages, il y a des locaux de service et les gradins

des spectateurs. Les niveaux inférieurs de ces bâtiments sont en maçonnerie : béton armé pour les

radiers et les dalles, briques ciment apparentes pour les murs. Les niveaux supérieurs du bâtiment sud

et les gradins sont en bois par contre les escaliers permettant d’y accéder sont en béton armé.

 

Jacques Gygax, président du conseil d’administration de la Patinoire régionale Delémont SA